La
LSF (Langue des Signes Française)
La LSF
n’est
pas seulement un signe pour un mot, elle utilise aussi la
dactylologie
(des lettres pour un mot) et la lecture labiale.
Elle repose
aussi beaucoup sur le langage mimique qui permet d’exprimer par un geste défini les objets, les
actions, les sentiments. Elle repose sur l’imitation
(caractéristique d’un objet, d’une action),
mais aussi sur la symbolisation (comme dans toute langue),
l’allusion et les conventions.
Ainsi,
l’expression du visage est très
importante et fait partie intégrante de la LSF. Les
mimiques du visage, des yeux, de la bouche, des joues, sourcils,
renseignent
très souvent l’interlocuteur sur la vitesse de
l’action, la taille d’un objet, ou la quantité.
Il existe, comme pour toute les langues,
une grammaire de la LSF.
Aujourd'hui la LSF s’enrichit rapidement, des dictionnaires
ont été publiés dans les années
80, de nombreux organismes et associations dispensent des cours,
les jeunes sourds sont de plus en plus nombreux à obtenir
leur baccalauréat et à accéder à l’enseignement
supérieur. La LSF a été reconnue officiellement
par l’éducation nationale le 13 février
2002, et par le Sénat comme langue à part entière
en mars 2004.
Il existe
une langue des signes par pays et une langue des signes internationale
(LSI), qui se développe elle aussi.
Des sourds de pays différents qui se rencontrent peuvent
rapidement tenir une conversation simple courante.
On peut
quelquefois comprendre un signe car ce signe est évocateur
de la forme d'un objet, mais ce n'est pas toujours le cas.
Les profanes pensent que cette langue est simple, basée
sur la représentation d'objets, ne peut pas décrire
des choses abstraites, manque de précision. Il n’en
est rien et tout est traduisible en LSF.. Selon le contexte,
on va se servir de signes différents pour évoquer
un même objet, ou bien un même signe va avoir des
significations différentes selon le contexte. Ce sont
les gestes et non un mot qui vont le décrire et la gestuelle
est parfois plus riche que le vocabulaire en français.
La syntaxe de la LSF est différente de celle du français.
Les paramètres de formation d’un
signe sont :
1. la configuration (forme des mains)
2. l’orientation
(des doigts, des mains, des bras),
3. l’emplacement (sur le corps ou dans l’espace),
4. le mouvement,
5. l’expression
du visage.
L’interprète
en Langue des Signes Française
C’est un professionnel diplômé qui
traduit en Langue des Signes/Français dans diverses circonstances
:
-
entretiens
dans la vie quotidienne (médecin, banquier, assureur,
etc…) : interprétariat dit de liaison
-
contenus
de formations, y compris de formations supérieures,
conférences, réunions…
Il transmet un message d’une
langue à l’autre, d’un individu à l’autre.
Sa déontologie garantit
:
-
Secret
professionnel
-
Neutralité :
il ne peut être un interlocuteur et répondre
aux questions lorsqu’il est en situation de travail
-
Fidélité :
il retransmet autant que possible l’intégralité du
message et avec le plus de justesse possible le sens du discours.
Le
L.P.C (langage parlé complété)
Le langage
parlé complété ou LPC a été inventé par
un médecin américain
(Dr R. Orin Cornett) en 1967. Le Cued Speech s'est d’abord développé dans
les pays anglophones. C'est un codage visuel des phonèmes qui aide à la
réception de la langue parlée. La main près du visage
code syllabe après syllabe tout ce qui est dit; en mettant la main gauche à la
position correspondant à la voyelle, les doigts réalisent la
clé de la consonne (cf. plaquette ALPC). Ce n’est pas une langue,
les codes utilisés n’évoquent rien en eux-mêmes et
n’ont de sens qu’associés à la parole, c’est
une technique de communication dans le sens émetteur –récepteur.
Le LPC permet
ainsi une visualisation de la parole. C’est plus qu’une
aide à la lecture labiale qui permet de différencier
les sosies labiaux et les consonnes non visibles en LL (le R
dans marche par exemple), c’est aussi un outil d’apprentissage
du vocabulaire et de la syntaxe pour les enfants sourds qui vont
l’intégrer parce que leurs parents vont coder pour
eux systématiquement tout ce qu'ils disent.
Il peut aussi
aider les adultes devenus sourds à mieux communiquer avec
leur entourage. Les codes peuvent être appris en quelques
jours, puis la qualité et la rapidité du codage
par l’interlocuteur et du décodage par la personne
sourde sont liés à une pratique quotidienne
Le LPC est
adapté à plus de 42 langues ou dialectes dans le
monde. Il est utilisé en France, depuis 1977, par les
familles, les professionnels et de nombreux centres spécialisés
pour enfants sourds. Le nombre de codeurs diplômés
augmente : il existe un diplôme de l’ALPC (Association
Française pour le LPC)et un diplôme universitaire
sera bientôt ouvert (Université de Paris VI).
Le codeur LPC (Langue française Parlée Complétée)
est un professionnel de la surdité qui intervient dans des
lieux divers auprès d'une ou plusieurs personnes sourdes
dans des situations de communication rendant la réception
labiale ou audio labiale difficile ou impossible.
Le rôle du codeur est de transmettre tous les messages oraux
en langue française avec l'aide du code LPC.
Il accompagne l'élève sourd dans ses apprentissages.
Composante de l'équipe pédagogique spécialisée,
il assure le lien avec l'équipe pédagogique d'accueil.
Il facilite l'intégration du jeune sourd.
Il intervient principalement auprès d'enfants et de jeunes
sourds intégrés dans une classe ordinaire d'un établissement
d'enseignement.
•
Missions du codeur
Dans toutes les situations le codeur doit contrôler la vitesse
de transmission des messages en tenant compte du ou des interlocuteurs
et de son cadre d'intervention.
Le codeur accompagne l'élève sourd dans ses apprentissages
linguistiques :
>
Etre capable de concevoir des adaptations linguistiques en fonction
de l'élève ;
>
Etre apte à utiliser des aides visuelles complémentaires
et à recourir aux rituels et aux redondances pour faciliter
l'accès au sens et conforter l'élève dans
ses apprentissages langagiers ;
>
Evaluer le niveau de décodage de l'élève sourd
et l'entraîner au codage et décodage.
Le codeur accompagne l'élève sourd dans ses apprentissages
scolaires :
>
Accompagner l'élève sourd dans la compréhension
et l'expression de la langue française orale et écrite
;
>
Proposer à l'élève sourd en fonction des situations
une trace écrite sous forme de prise de notes ou autres.
Le codeur et la vie scolaire du jeune sourd : intégration
de l'élève sourd dans le groupe classe
>
Le codeur délivre à la classe des informations pratiques
sur la surdité ;
>
Il propose des cours d'apprentissage à l'outil LPC aux élèves
entendants.
Le codeur et la vie scolaire du jeune sourd : aide à la
socialisation du jeune sourd :
>
Aide à l'attention portée aux autres, respect du
tour de parole ;
>
Aide à la prise de parole ;
>
Accompagnement dans les activités extra scolaires.
•
Accès à ce métier
Licence professionnelle de codeur LPC (Diplôme national
de niveau Bac +3).
Qualités requises pour accéder à la formation
:
>
Excellente maîtrise de la langue française orale et écrite
;
>
Intérêt pour le monde de l'enseignement et de la culture
;
>
Aptitude à la communication ;
>
Intérêt porté à l'enfance et à l'adolescence
;
>
Capacité d'adaptation ;
>
Sens du travail en équipe.
Public pouvant accéder à la licence professionnelle
:
>
Etudiants ayant validé un Bac +2 ;
>
Professionnels de la surdité dans le cadre de la formation
continue ;
>
Personnes ayant une expérience d'au moins trois ans dans
le domaine de la surdité par validation des acquis de l'expérience
(VAE).
L'association "codeurs
LPC 31" a été créée en janvier
2008.
Son objectif est de promouvoir et développer la Langue française
Parlée Complétée en Haute Garonne et sur les départements
limitrophes.
Elle propose des prestations de codage LPC, des formations et informations
sur la surdité et l'outil LPC ainsi qu'une aide pour les parents désirant élaborer
un dossier de demande de financement des heures de code pour leur enfant.
Lecture labiale
La lecture labiale
ne permet de capter qu’environ
30% du langage parlé, le cerveau effectuant les suppléances
nécessaires, avec des risques de confusions de phonèmes
en raison des sosies labiaux, donc de faux-sens ou contresens.
Cette suppléance mentale suppose un bon niveau de français,
c'est un exercice de concentration, de mémoire
et de logique qui demande de l’énergie et peut
expliquer la fatigabilité de certaines personnes malentendantes
ou devenues sourdes.
Les conditions optimales
pour la lecture labiale dépendent
en grande partie de l’environnement et de l’interlocuteur.
Si celui-ci est à contre-jour, a une grosse moustache
et parle la main devant la bouche en mâchant du chewing-gum,
c’est beaucoup plus difficile.
Les
malentendants et les devenus sourds peuvent tirer un grand
bénéfice de cette technique. Ces personnes pratiquent
spontanément la lecture labio-faciale mais
l’auto-apprentissage ayant ses limites, quelques séances
avec une orthophoniste sont nécessaires et devraient faire
partie de l'accompagnement proposé à toute personne
malentendante ou devenue sourde.
Trop peu d’orthophonistes sont spécialisées
dans cette technique et les séances sont trop peu prescrites
par les médecins alors que ce peut-être une aide
considérable sur le plan psychologique et un réel
espoir de meilleure réception du langage parlé pour
un adulte devenu sourd. D’où l’importance
d’une prescription précoce. Les séances
sont remboursées par la sécurité sociale.
Conseil
pour qu'une personne sourde puisse lire sur vos lèvres
:
-
parlez lui bien en face tout au long de la conversation.
- ne rien mettre dans la bouche (stylo, chewing gum, cigarette...)
- parlez clairement sans forcer sur les syllabes et le volume mais
aussi en effectuant des courtes phrases
- prévenir l'interlocuteur du changement de sujet car la compréhension
sur la lecture labiale repose en partie sur l'hypothèse
En cas d'incompréhension, répétez ou
articulez la phrase autrement en changeant le vocabulaire
par exemple